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De planteur à industriel


Entre 1906 et 1908, Asthon a fait ses premières acquisitions, l'Anse Couleuvre, l'Anse Lévrier, l'Anse à Voile, le Marigot pour 30 000 francs, puis l'Autre-Bord (Bardury) de 20 ha pour vingt mille francs.

L'ensemble a pris le nom d'« Anse Couleuvre » et représentait environ 300 Ha. Puis il achète avec son beau frère et sa belle sœur (Joseph Waddy et Charlotte Bellevue Waddy), le « Cap Saint Martin », qui comprend l'Anse des Galets, l'Anse Capot, l'Anse Dufour, Petit Morne, Étage, le tout faisant plus de 400 ha pour 64340 francs, puis s'est ajouté La Blanchette en 1914 (15 350 francs).

Sur les 75 ha de Grand repos et Babin, Asthon crée des centres d'élevage dont des chevaux de selle. Ses diverses acquisitions avaient une superficie d'environ 655 à 700 Ha (bornage très imprécis) pour un montant de 129.688.75 Francs or.

En plus de terrains au Morne Rouge et à St Pierre il fait encore l'acquisition de la « Halte du Champs Flore », riche terre à bananes de 378 ha. Asthon se retrouve donc à la tête d'un patrimoine très important de plus de 1.000 ha de terres. (Voir la carte de la propriété)

Ses propriétés du nord « Anse Couleuvre » et « Cap Saint-Martin » faisaient partie des terres cultivées depuis le début de la colonisation. Cet ensemble était desservi par la voie maritime, un bateau vapeur allant de Fort-de-France à Grand Rivière mouillait à l'Anse Couleuvre.

Il y avait également une très ancienne route qui allait de Saint-Pierre à Grand Rivière. Elle existait déjà sur la carte de Moreau du Temple de 1770, après elle s'est appelée en 1851 route nationale de 3° classe (4 m de large dont 3 m de chaussée) c'est devenu ensuite la route coloniale 24, avant d'être CD 10, sur les 20 km, Prêcheur - Grand Rivière, 14 km sont chez A. Tardon.

Cet homme était un travailleur acharné. Il va prendre à bras le corps toutes ces propriétés abandonnées et ruinées après la catastrophe de 1902. Pendant trente cinq ans il s'occupe de la mise en valeur de ses terres.

Au départ la chose n'a pas été facile, il faut défricher, nettoyer, reconstruire, et surtout éliminer plus de 700 serpents trigonocéphales en 3 mois, il a su s'entourer d'une solide équipe de travailleurs. Il investit sur l'Anse couleuvre 125 000 francs or.

Le Cap St Martin est surtout une exploitation cacaoyère, vivrière et forestière Les produits des domaines, le cacao en particulier, sont plusieurs fois primés en métropole : 5 médailles d'or et d'argent à Marseille (1907 & 1922) et Paris en 1931. La propriété s'étend de plus en plus, la construction de nouveaux bâtiments enrichit la propriété.

La culture de la canne à sucre étant réintroduite à ce moment après une interruption de trente cinq ans, il se lance ainsi dans la culture de la canne, Asthon Tardon installe deux distilleries qui produisent jusqu'à 5.000 litres de rhum par an pour la consommation locale et 11.438 litres d'alcool pour l'exportation. Il faut y ajouter de l'huile essentielle de citron (18 fûts en 1924) et du jus cru de citron (33.876 litres en 1924) exportés aux USA.

Il employait beaucoup de personnel, jusqu'à 200 personnes, qu'il logeait sur ses propriétés, dans des cases et de solides maisons de pierre pour les contremaîtres, chacun était payé selon ses compétences.

Le climat local aidant, la terre y est très fertile. C'est un véritable verger qu'Asthon décrit dans un courrier au gouverneur en mai 1937, constitué de 30.000 cacaoyers, 25.000 citronniers, 4.000 cocotiers, 6.000 bananiers, 2.000 arbres à pain, 1.500 avocatiers, 3.000 pieds d'ignames, sans compter quantité de manguiers, abricotiers, corossoliers, châtaigniers, et des centaines d'hectares de cannes à sucre.

Maire du Prêcheur jusqu'en 1924 et conseiller général, il est nommé par ce dernier membre de la Chambre d'Agriculture. Asthon est un homme intelligent, courageux et entreprenant, il sait se forger des relations avec des scientifiques, des politiques et des industriels.

Cette belle expansion a été entravée par l'irruption de la Montagne Pelée de 1929, puis la crise économique de 1930, et la chute des cours du cacao en 1932 qui a entraîné la mévente de la production. Les dissensions familiales sont venues aggraver tout cela, en 1933 par la séparation des époux, et le partage de la propriété. « La Halte du Champflore », riche terre à bananes de plus de 300 ha, revient à son épouse, Berthe Waddy Tardon qu'il avait acquise en son nom.

L'état de santé d'Asthon s'aggrave, il a du mal à faire face à tous ces revers de fortune, il confie la gestion d'une partie de ses biens à des personnes peu scrupuleuses qui confondent leurs intérêts personnels avec ceux d'Ashton Tardon.

Il finit sa vie dans la réflexion poétique et philosophique. Ce goût de la littérature et de l'écrit qu'il a transmit à son fils Raphaël écrivain. Il avait comprit que la diversité était un apport à l'humanité, il a su avec ses mots, sa poésie et son amour de la langue, rédiger quelques plaidoyers et pamphlets, fustiger les dérives de l'administration.

Étant issu de mélanges de races et de cultures, il a su s'en nourrir et en faire une vraie richesse intérieure, qui jusqu'au bout de sa route, l'a réconforté dans l'adversité...

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